dimanche 26 février 2017

Quand t'as honte

Hier soir, j'ai joué un match d'impro et pour la premiére fois en 7 ans, j'ai vraiment eu honte...

Lors d'une impro, je jouais un gay ou plutôt la caricature d'un gay avec tout ce qu'il ne faut pas faire: le déhanché hyper exagéré, la voix fluette sexualisée à l'extrême, la fofolle quoi... Au point d'en oublier qu'un gay est avant tout un homme.

Mais le vrai moment de gêne fut quand je me suis mis en caleçon pour suivre mes partenaires d'impro. Non pas que me désaper me dérange (vous voulez me voir à poils ? Hein ?), mais à ce moment précis, je me suis vraiment demandé "Pourquoi?"... "Qu'est-ce que je suis en train de faire ?"

D'ordinaire, en théâtre, j'assume les propositions de jeu, encore plus en impro. Mais là, j'assumais pas. J'étais dans la patinoire, le pantalon au pied pour suivre une proposition que je ne comprenais pas vraiment...

Ça me donner cette impression:
X: - Bon les gars, j'ai mon parachute. A tout à l'heuuuuuuurreee...
Y: - Moi aussi je saute alors ? Bon ben j'arriiiiiiiiivvvvvveee...
Moi: - Bon... Ben... Je saute aussi alooooooorrrrrssss.
...
Heu... Pourquoi je kiff pas ?... Hé mais je tombe c'est vrai ! Mon parachute... Il s'ouvre pas ?... Putain, c'est ma ceinture ! Ahhh !!!

Trop tard... Ce qui est fait est fait. Et quand le public voit ce qui se passe, il faut jouer avec, l'intégrer à l'histoire pour que tout reste cohérent.

À la sortie de l'impro, je me suis senti dans l'obligation de m'excuser implicitement auprés de mon pote gay de l'image que j'ai renvoyé d'eux... double honte...

Note pour plus tard: sortir de l'impro quand je ne peux plus rien lui apporter.

3 commentaires:

  1. Improviser c'est se mettre en danger. Evidemment, comme en musique, on est souvent tenté de se mettre en pilotage automatique, de balancer ses plans, ses patterns, c'est la facilité, ça marche. Mais le kiff, c'est justement d'être sur le fil, au bord de la falaise. Dans le jazz, dont l'essence et la force sont justement cette création collective en temps réel, il n'y a pas tant de musiciens qui acceptent de se mettre vraiment en danger. Mais ce sont les meilleurs. Keith Jarrett, Ornette Coleman... J'ai une fois rencontré le grand Jo Zawinul. Je lui ai demandé pourquoi, à son âge et dans son état (il était en phase terminale d'un cancer) il continuait à voyager et jouer. Il m'a dit qu'improviser avec ses jeunes partenaires sur scène, c'était la seule chose qui le maintenait en vie. Mais cette posture nécessite une capacité d’écoute supérieure et une mise en danger permanente. Pour atteindre quelquefois l'inouï, il faut avoir l'humilité d'accepter de se vautrer. Tomber, se relever, tomber, se relever encore...c'est comme ça qu'on grandit. Bref, une seule solution, remonter à cheval.

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    1. Tout à fait ! C'est justement ce qui m'a mis mal à l'aise. Au lieu d'improviser, j'ai suivi le mouvement bêtement. Certes, il y avait mise en danger, surprise, mais si je transpose au jazz, c'est comme si tes partenaires improvisaient mais que ça sonnait faux et que tu te mettais à jouer faux toi aussi juste pour faire comme eux. Certes il n'y rien de grave à se vautrer mais quand c'est quasi volontaire, c'est dommage je trouve. Mais ce ne sera pas la dernière fois, il y en aura probablement bien d'autre à venir.

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  2. j'aime ta franchise.

    chapeau l'artiste

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